Le Jardin de la Marine

Dominant la Corderie Royale et la Charente, le Jardin de la Marine est un lieu de promenade agréable. Situé entre la Maison du Roy, longtemps préfecture maritime, et la gendarmerie, il fut le jardin botanique de l’arsenal de Rochefort. Un premier jardin a été aménagé par l’intendant Bégon en 1697 mais il disparut à la mort de ce dernier en 1710.

Il fallut attendre 1738 pour qu’un nouveau jardin botanique soit créé. Il avait été jugé utile pour l’instruction des élèves en formation à l’école de chirurgie fondée par Jean Cochon-Dupuy en 1722. Ces chirurgiens, destinés à embarquer sur les vaisseaux du roi, devaient connaître les plantes locales et exotiques pour exercer leur art.

Car l’endroit servait aussi à entreposer les plantes qui arrivaient des colonies avant leur envoi au jardin du roi à Paris. Le 19ème siècle connut l’apogée du jardin botanique avant son abandon en 1896.

C’est donc par Rochefort qu’entrèrent de nombreuses plantes exotiques en France dont la plus connue est le bégonia, nom donné en l’honneur de Bégon, le plus célèbre intendant de la ville. D’autres plantes arrivèrent au port, ananas de Saint-Domingue, tulipiers de Louisiane, magnolias et des milliers d’autres variétés.

Aujourd’hui, le Jardin de la Marine offre des aires de jeux pour les enfants, un bassin et des allées ombragées. Le souvenir des expéditions lointaines est maintenant perpétué par le jardin des Retours au niveau de la Corderie.

 

Le Jardin des Retours

 

En 1991, les abords de la Corderie Royale de Rochefort ont été profondément remaniés avec la création du Jardin des Retours par le paysagiste Bernard Lassus et son équipe. L’idée de l’artiste était de faire émerger un arsenal botanique. La Corderie Royale flotte sur une mer de gazon qui célèbre le retour des expéditions maritimes, moment où les navires débarquaient une cargaison de plantes inconnues.

Un rideau végétal cache en partie la Charente tout en ménageant des ouvertures vers le fleuve. Au bord de l’eau, la végétation est locale avec roseaux, noisetiers, saules, aulnes, frênes…

Entre la Corderie et le Jardin de la Marine, les arbres exotiques évoquent l’amiral de la Galissonnière, grand pourvoyeur de plantes des contrées lointaines : tulipiers de Virginie sur la large rampe qui descend de la ville et palmiers alignés parallèlement à la Corderie sur une vaste pelouse. Bernard Lassus a utilisé l’espace pour d’autres évocations. L’aire des gréements reproduisant le pont d’un vaisseau et deux mâts à l’échelle un demi cache habilement un blockhaus.

Le labyrinthe des batailles navales forme un dédale mystérieux planté d’ifs. Au bord de la Charente, entre les deux formes de radoub, les flammes des amiraux symbolisent une escadre en ordre de marche. A la belle saison, le jardin est idéal pour le pique-nique en famille et les jeux en plein air pour les enfants. Et le chemin de Charente offre une promenade de plus de 10 km au long du fleuve, partant de l’écluse du bassin à flot pour rejoindre le pont transbordeur.