Charlotte Goffette, Les eaux mêlées

  • Résidence terminée

Résidence Eclaircies en partenariat avec le Lycée professionnel Gilles Jamain.

Charlotte Goffette, designeuse, a été accueillie 2 mois en résidence Eclaircies à Rochefort.

Résidence Eclaircies

Les résidences Eclaircies ont pour vocation de mettre en synergie plusieurs établissements scolaires et des établissements non-scolaires implantés sur un même territoire. Ces résidences ont pour objectif de proposer aux publics concernés et à l’intervenant une expérience de co-création artistique sur une thématique ou une problématique choisie conjointement et faisant sens sur le territoire.

Le CIM est partenaire de cette résidence, organisée par le lycée professionnel Jamain, à Rochefort, avec l’école élémentaire Samuel Champlain, Les Ateliers de l’estuaire et Le Clos.

« Les eaux mêlées »

Pour sa résidence*, Charlotte Goffette s’est inspirée directement des caractéristiques géographiques, historiques et artisanales du territoire : corde, bois tourné, broderie, céramique. A la Corderie, elle a travaillé avec les mateloteurs sur l’apprentissage de nœuds marins.

Thème de la résidence

Charlotte Goffette a mené un travail sur les nanoparticules. Elle croise création artistique, transmission pédagogique et démarche scientifique autour d’un enjeu contemporain majeur : la présence des nanoparticules dans l’eau de l’estuaire de la Charente.
Ce projet part d’un paradoxe fondamental : comment rendre visible l’invisible ?
Les nanoparticules sont omniprésentes dans notre environnement, mais échappent à notre perception. Leur présence dans les milieux aquatiques, en particulier dans les estuaires, résulte à la fois de phénomènes naturels et d’activités humaines. Elles posent des questions essentielles sur notre manière d’habiter le monde et d’interagir avec les écosystèmes.

Le projet s’articule autour des eaux mêlées dans l’estuaire de la Charente, jusqu’à Saint-Savinien. Des captages d’eau ont été réalisés à différents points du territoire. Ces prélèvements sont ensuite observés au microscope afin de produire des images, qui seront traduites dans un second temps sous forme de broderies et de céramiques.

* Portée par la DRAC et la DAC, cette résidence d’Éducation Artistique et Culturelle a été menée avec des publics variés, des élèves de CM1 aux étudiants en DNMADE, en passant par des lycéens professionnels.

À Rochefort, l’eau n’est jamais seule. Elle arrive de l’amont, chargée des terres traversées, des pluies et des traces laissées par les activités humaines. Elle rencontre l’océan, qui remonte avec les marées et apporte le sel. De cette rencontre naît une eau en transformation permanente : un mélange d’eau douce, d’eau salée et d’eau saumâtre. Ce mélange reste souvent invisible, mais il se manifeste dans la couleur de l’eau, sa texture, les dépôts sur les rives. L’estuaire est un milieu instable, rythmé par les marées, les saisons et les variations climatiques. C’est un espace en mouvement, qui se transforme continuellement. »

Charlotte Goffette

Charlotte Goffette est une artiste designeuse, diplômée de l’École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, où elle a obtenu un DNSEP puis un Diplôme Supérieur de Recherche en Design.

Elle structure son travail comme une quête. Ses créations prennent des formes variées : performances, installations, objets, sculptures monumentales, comme Tiniri et la brume, Les Anémois, Les vents d’Auvergne ou Les cheminairs d’Ouroboros.

Sa pratique se situe à la croisée de la recherche, de l’expérimentation plastique et de la création de récits sensibles autour des sciences. Elle a mené plusieurs résidences au sein des archives et centres météorologiques de Météo-France, où elle a constitué un corpus dense et vivant : cartes anciennes, articles scientifiques, vidéos, sons, images satellites, témoignages de terrain. Son processus consiste à faire circuler ces matériaux : les sons deviennent textes, les textes deviennent images, les images se transforment en objets, en collages, en maquettes. Cette transformation constante est au cœur de son approche, qu’elle définit comme celle d’une auteure-chercheuse en design — un va-et-vient entre le sensible et le conceptuel, entre la trace et la forme.